Patrimoine - Architecture
"Depuis les siècles les plus reculés, les Savoyards ont créé leur pays et lui ont donné son visage, à travers une suite ininterrompue de chefs-d'oeuvre inspirés de la nature, par un phénomène de mimétisme, avec un sens de l'échelle tiré des enseignements de l'Antiquité. Il en résulte une merveilleuse composition de chefs-d'oeuvre architecturaux qui s'insèrent dans les grandes lignes du paysage savoyard et s'adaptent à la géographie des lieux ... Les maisons se fondent dans le paysage car elles adoptent les mêmes teintes que l'on retrouve dans l'environnement végétal ou minéral" (E. Brocard, Maisons de Savoie - Combe de Savoie, Maurienne, Tarentaise, Collection Sites et Villages, Editions Cabédita, 170 pages).
Les maisons rurales de Savoie n'ont pas d'âge. Il est effectivement difficile de connaitre leur date de construction. Parfois, une inscription sculptée dans la pierre d'un linteau ou gravée sur une poutre de charpente, nous donne une indication. Mais nous ignorons si ces dates ne sont pas celles d'une restauration, ou, pour, le bois, d'un remplacement de charpente. On rencontre également les initiales de la famille propriétaire de la maison et/ou le monogramme IHS (Jesu hominum salvator) dans l'espoir d'une protection divine.



Les maisons à colonnes : une entrée monumentale aux
proportions majestueuses précédait autrefois les
temples. Les Savoyards ont appliqué les principes architecturaux
de l'Antiquité - harmonie des façades, rapports
de grandeur entre les divers éléments - non pas
à la construction monumentale réservée aux
temples et aux tombeaux, mais à de simples demeures rurales
qui étaient avant tout leur outil de travail. Ainsi de
nombreuses maisons de Sainte Foy et ses hameaux sont ornées
de colonnades. C'est dans le village du miroir que l'on compte
la plus forte densité de maisons à colonnes, mais
on en trouve aussi de très belles à La Masure, La
Thuile, Bonconseil, etc. Ce modèle d'architecture est particulièrement
bien adapté à des terrains en pente et à
la double fonction habitat-élevage. Les grands toits à
débord supporté par les colonnes abritent les terrasses
des intempéries, mais aussi le réseau des voies
pédestres de la neige pendant toute la période hivernale.

Les maisons à colonnes sont de plusieurs types. Le plus
fréquent comporte deux colonnes d'angles formant la façade
la plus riche du bâtiment et supportant la charpente. Mais
nombreuses sont les maisons à trois colonnes en façade,
réduisant par ces trois points d'appui la portée
de la charpente, et constituant une trame régulière,
la troisième colonne se trouvant fréquemment dans
l'axe du faîtage. On trouve enfin une multitude de variantes
associant différents modes de structures. La maison à
colonne unique située à l'angle du batiment, et
sur laquelle reposent toutes les charges de la charpente et des
encorbellements, facilite les accès latéraux.
Les maisons minérales
: en prolongement de l'habitat permanent, les Savoyards ont
bâti un habitat saisonnier de moyenne (Le Monal) et haute
altitude (Le Clou), dans des prairies enneigées les trois-quarts
de l'année. Les chalets d'alpage ont une fonction individuelle
pour l'utilisation maximale des alpages, mais souvent cette fonction
devient collective lorsqu'il s'agit d'alpages communaux. Le chalet
d'alpage le plus répandu est une construction en maçonnerie
de pierres avec une toiture à deux pans couverte en lauzes
souvent extraites sur le site. C'est une construction de plus
en plus sommaire à mesure qu'on s'élève en
altitude. Le plan type de ces chalets consiste en un bâtiment
unique, de taille modeste, à un ou deux étages (une
écurie au rez-de-chaussée et un étage réservé
à l'habitation et à la fabrication du fromage).
Les édifices religieux :

